« J’ai appris mon licenciement à travers les réseaux sociaux » : Patrick Nshirimana sort du silence après son éviction
Le climat s’alourdit dangereusement du côté d’Oyem AC. En l’espace de 48 heures, le club nordiste est passé d’une dynamique sportive encourageante à une crise institutionnelle qui fait déjà grand bruit dans le football gabonais. Le 12 mai 2026, la direction du club officialisait, via un communiqué, le départ de l’entraîneur Patrick Nshirimana avant d’annoncer dans la foulée l’arrivée de Kévin Ndjony sur le banc. Une décision brutale, mal expliquée et surtout incomprise par de nombreux supporters et observateurs.
Mais derrière ce simple changement d’entraîneur se cache désormais une affaire bien plus embarrassante pour la direction d’Oyem AC.
Le lendemain, le 13 mai en soirée, le média Club Sport + publiait une vidéo explosive dans laquelle Patrick Nshirimana affirmait n’avoir jamais été officiellement informé de son licenciement.
« J’ai appris mon licenciement à travers les réseaux sociaux, une situation qui m’a profondément surpris. À ce jour, je n’ai reçu aucune notification officielle ni lettre pour me le signifier. Concernant les accusations d’indiscipline évoquées à mon encontre, je tiens à préciser que je ne me reconnais absolument pas dans ces faits. Que l’on m’apporte des preuves de mon indiscipline. Je suis professionnel, on m’a demandé des résultats et jusqu’à présent je les ai. »
Des déclarations lourdes de conséquences. Car au-delà de l’émotion visible dans le discours du technicien, c’est toute la gestion interne du club qui se retrouve désormais exposée sur la place publique.
Comment un entraîneur qui affirme n’avoir reçu aucune notification officielle peut-il être remplacé publiquement du jour au lendemain ? Comment un club prétendant à la stabilité sportive peut-il gérer un départ aussi sensible dans un silence administratif aussi troublant ? Les questions fusent, pendant que la direction reste muette.
Et Patrick Nshirimana ne s’est pas arrêté là.
Dans une autre séquence, le technicien laisse éclater son amertume face à certaines pratiques qu’il dénonce ouvertement :
« Le problème c’est quoi ? Lorsque tu réclames certaines choses dans ce club, tu deviens un parasite (…) Il vient, il paie les joueurs, il ne paie pas l’entraîneur, parce que nous les entraîneurs on n’a pas besoin de nos salaires ? On ne travaille pas ? »
Des mots crus. Des mots durs. Mais surtout des mots qui traduisent un profond malaise au sein d’un club qui semblait pourtant retrouver de l’ambition sur le terrain. Derrière les résultats sportifs, c’est désormais l’image d’une institution fragilisée qui apparaît. Une maison dont les fissures internes deviennent impossibles à cacher.
Le plus inquiétant dans cette affaire reste sans doute le timing. Oyem AC surfait sur une dynamique positive et semblait enfin retrouver une certaine stabilité sportive. Pourtant, au lieu de consolider cette progression, le club se retrouve plongé dans une polémique qui pourrait laisser des traces durables dans le vestiaire comme auprès des supporters.
À ce jour, le président d’Oyem AC n’a toujours pas réagi publiquement aux accusations formulées par son désormais ex-entraîneur. Un silence pesant, presque assourdissant, qui alimente davantage les spéculations et renforce le sentiment d’un dossier géré dans la précipitation.
Pendant ce temps, Patrick Nshirimana affirme toujours se considérer comme l’entraîneur légitime du club, estimant n’avoir reçu aucune procédure officielle mettant fin à son contrat. Une situation ubuesque qui donne à cette affaire des allures de crise institutionnelle.
À Oyem, le changement d’entraîneur devait ouvrir un nouveau chapitre. Il ressemble désormais à une tempête dont personne, au sein du club, ne maîtrise réellement les conséquences.



