Oyem : les autorités provinciales serrent la vis face aux contrôles abusifs et aux prélèvements illégaux

Dans la province du Woleu-Ntem, les pratiques de contrôles administratifs jugées excessives, ainsi que la multiplication de paiements informels imposés aux opérateurs économiques, suscitent désormais une réaction ferme des autorités. Réunis récemment au gouvernorat d’Oyem, responsables administratifs et financiers ont été appelés à mettre un terme à ces dérives.
À l’initiative du gouverneur Jules Djeki, une réunion de concertation a rassemblé les directeurs provinciaux des services concernés, en présence du directeur général de la Comptabilité et du Trésor, Luther Abouna. Au cœur des échanges : les méthodes de contrôle de certains services, notamment celles de la Direction provinciale du commerce et de la répression des fraudes, pointée du doigt pour des pratiques jugées contraires à la réglementation.
Selon plusieurs témoignages concordants, des agents procéderaient à des contrôles donnant lieu à des paiements en espèces, en dehors des circuits officiels, parfois assortis de négociations informelles sur les montants des amendes. Une situation que les autorités qualifient de dérive administrative. « Les textes doivent être appliqués dans leur esprit et leur lettre, sans interprétation opportuniste », a insisté le gouverneur, appelant à un strict respect des missions assignées à chaque service.
Des pratiques aux conséquences économiques directes
Au-delà de la question de la régularité des contrôles, les autorités provinciales mettent en avant les répercussions économiques de ces pratiques. En effet, les charges supplémentaires supportées par les commerçants seraient répercutées sur les prix des produits, contribuant à une hausse du coût de la vie pour les populations locales.
Dans ce contexte, la lutte contre les prélèvements informels apparaît également comme un levier pour contenir l’inflation et protéger le pouvoir d’achat. Une préoccupation d’autant plus sensible dans une province où les équilibres économiques restent fragiles.
Vers un encadrement strict des opérations de contrôle
Pour répondre à ces dysfonctionnements, une nouvelle mesure a été annoncée : la création d’une commission chargée de planifier et d’autoriser les opérations de contrôle sur le terrain. Désormais, toute intervention devra faire l’objet d’une validation préalable, afin de limiter les initiatives isolées et prévenir les abus.
À travers cette initiative, les autorités entendent rétablir une meilleure coordination entre les services, tout en instaurant davantage de transparence dans les procédures. L’objectif affiché est double : assainir les pratiques administratives et restaurer la confiance entre l’administration et les acteurs économiques.
Cette démarche marque une volonté de reprise en main d’un système jugé défaillant, avec en ligne de mire l’amélioration du climat des affaires à Oyem et, à terme, un impact positif sur le quotidien des populations.



