Gabon : le port obligatoire de la tenue africaine dans l’administration désormais officialisé

Le port de la tenue africaine dans l’administration publique gabonaise est désormais une réalité officielle. Le décret n°0215/PR du 6 mai 2026, publié au Journal officiel de la République gabonaise, institue le port obligatoire de la tenue traditionnelle tous les vendredis ouvrables pour l’ensemble des agents publics civils. Cette mesure s’applique durant les heures de service et dans tous les locaux administratifs de l’État.
Le texte précise également ce qui est considéré comme une tenue africaine conforme. Pour les hommes, il peut s’agir d’une chemise en pagne portée avec un pantalon uni, d’un abacost en tissu africain, d’un boubou ou encore d’un ensemble traditionnel. Pour les femmes, le décret évoque notamment les robes en pagne, les ensembles pagne-corsage ou encore les tenues confectionnées en tissu africain traditionnel.
L’administration insiste toutefois sur le respect des exigences de décence, d’hygiène et de dignité liées au service public.Certaines catégories ne sont cependant pas concernées par cette obligation. Les forces de défense et de sécurité ainsi que les personnels soumis au port d’un uniforme professionnel spécifique échappent à cette mesure.
Le contrôle de son application sera assuré par les responsables administratifs, notamment les chefs de service et directeurs. Le décret prévoit même qu’un agent ne respectant pas cette disposition pourra se voir refuser l’accès à son service, sans exclure d’éventuelles sanctions disciplinaires.
À travers cette réforme, les autorités affichent une volonté claire de valoriser l’identité culturelle nationale et africaine au sein des institutions publiques. La mesure pourrait également représenter une opportunité économique pour les couturiers, stylistes et artisans locaux, dans un contexte où la promotion du “Made in Gabon” revient régulièrement dans le discours public.
Reste désormais la question de l’application concrète de cette décision. Plusieurs observateurs estiment qu’une mise en œuvre progressive serait nécessaire afin de permettre aux agents publics de s’adapter financièrement. Beaucoup plaident également pour des mesures d’accompagnement, comme des partenariats avec des couturiers locaux ou une plus grande flexibilité dans le choix des tenues, afin que cette réforme culturelle soit perçue comme un facteur de valorisation plutôt qu’une contrainte supplémentaire.



