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Gabon 2030 : L’ambition face au réel

Doubler le PIB en dix ans pour atteindre 17 300 milliards FCFA, la projectionde la BEAC pour le Gabon est vertigineuse. Mais derrière cette « richesse comptable », le pays s’engage dans un pari risqué où chaque franc investi devra prouver son efficacité.

Le moteur de la dette

Pour soutenir cette croissance, Libreville multiplie les investissements massifs. Le dernier Conseil des ministres d’avril confirme cette offensive.

L’Etat souhaite emprunter 113,5 milliards FCFA empruntés auprès de l’AFD pour le chemin de fer et des chantiers routiers d’envergure.

Si ces infrastructures sont le «catalyseur » indispensable de l’économie, elles alourdissent mécaniquement l’endettement national.

La création du Comité National de la Dette Publique (CNDP) sonne d’ailleurs comme un aveu.

L’expansion ne pourra se faire sans une discipline budgétaire de fer pour éviter le surendettement.

Le défi de l’exécution

L’enjeu n’est plus seulement de mobiliser des milliards, mais de briser le cycle des « éternels chantiers ».

Entre les programmes de développement local (PUDC/PUDG) et la modernisation des transports, le risque de déperdition des ressources reste le principal ennemi.

Pour le citoyen, la croissance ne se mesure pas en points de PIB, mais en accès à l’eau, à l’électricité et à des routes carrossables.

L’heure de vérité

Le Gabon veut devenir la locomotive de la sous-région devant le Cameroun. Toutefois, la transformation de cette manne en « développement inclusif » reste le véritable défi.

Si la gouvernance ne suit pas la cadence des investissements, le risque est de bâtir une économie de géant sur des pieds d’argile.

En 2030, le succès ne se lira pas dans les bilans de la Banque Centrale, mais dans la durabilité de la dette et la réalité sociale des provinces.

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