Santé mentale : le CNSM de Mélen appelle les familles à contribuer à la décongestion

Le Centre national de santé mentale (CNSM) de Mélen, dans le 5ᵉ arrondissement de Libreville, fait face à une pression croissante sur ses capacités d’hospitalisation. Doté d’une centaine de places depuis sa création en 1995, l’établissement appelle les familles à s’impliquer davantage dans l’accompagnement des patients dont l’état permet un retour progressif à domicile.
La situation devient de plus en plus préoccupante au Centre national de santé mentale de Mélen. Selon un communiqué de l’établissement, certains patients restent hospitalisés alors même que leur prise en charge est arrivée à son terme ou suffisamment avancée pour envisager une sortie.
En cause, notamment, l’absence de solutions d’accompagnement ou de retour au domicile pour certains d’entre eux. Une situation qui réduit mécaniquement le nombre de lits disponibles et complique l’accueil de nouveaux patients nécessitant une prise en charge hospitalière.
Les familles appelées à prendre leur part
Face à cette saturation, le CNSM rappelle que le parcours de rétablissement ne s’arrête pas aux portes de l’établissement. Lorsque l’état de santé du patient le permet, l’accompagnement familial constitue un élément important de sa réinsertion et de son retour progressif à la vie sociale.
L’établissement invite ainsi les proches à davantage s’impliquer dans le suivi des patients et à favoriser, lorsque les conditions sont réunies, leur retour au sein du cadre familial. Cette implication pourrait contribuer à libérer des capacités d’hospitalisation pour les personnes nécessitant des soins, tout en favorisant la continuité de l’accompagnement après la phase hospitalière.
Une capacité d’accueil qui interroge
Au-delà de l’appel adressé aux familles, la situation du CNSM de Mélen pose la question plus large des capacités du Gabon en matière de prise en charge de la santé mentale. Créé en 1995, le Centre dispose toujours d’une capacité d’environ 100 places, alors que les besoins en soins psychiatriques ont évolué au fil des années.
La saturation de l’établissement illustre ainsi les limites auxquelles peut être confronté un dispositif reposant sur un nombre restreint de structures spécialisées. Le manque de places d’hospitalisation, de structures dédiées et de professionnels spécialisés constitue dès lors un enjeu majeur pour la prise en charge des personnes souffrant de troubles mentaux.
Au-delà des familles, un défi pour le système de santé
Si l’implication des proches peut contribuer au rétablissement des patients et à la décongestion du CNSM, elle ne saurait toutefois constituer une réponse suffisante à la saturation des capacités existantes. L’alerte lancée par le Centre remet ainsi sur la table la nécessité de renforcer durablement l’offre de soins en santé mentale.
La création de nouvelles capacités d’accueil, le développement de structures spécialisées et le renforcement des effectifs constituent autant de pistes pour mieux répondre aux besoins de la population. À travers cet appel, le CNSM de Mélen rappelle donc une double réalité : la famille est un acteur essentiel du parcours de rétablissement, mais la prise en charge de la santé mentale demeure aussi un défi collectif qui nécessite des moyens adaptés.



