Affaire DAP du Woleu-Ntem : la victime retire sa plainte, le Parquet requiert six mois de prison ferme

Le tribunal correctionnel d’Oyem a été particulièrement animé ce jeudi 3 septembre 2026, à l’occasion du procès de Luc-Constant Megne, Directeur d’Académie provinciale (DAP) du Woleu-Ntem. Le responsable de l’Éducation nationale était poursuivi pour des faits de violences physiques présumément commis à l’encontre de Hurlaine Cheryle Zong Edzang, enseignante d’espagnol et sa concubine.
L’affaire, qui s’inscrit dans le cadre de la législation relative à la lutte contre les violences faites aux femmes, a attiré de nombreux curieux au palais de justice d’Oyem. Les faits se seraient produits dans la soirée du 26 août dernier, aux environs de 21 heures, à proximité de l’Ancien hôpital. Luc-Constant Megne aurait surpris sa compagne dans un véhicule en compagnie d’un autre homme.
À la barre, le prévenu a reconnu lui avoir donné une gifle, tout en niant être responsable des blessures et hématomes relevés sur le visage de la victime. Pour expliquer ces blessures, le prévenu a avancé l’hypothèse d’une chute. Selon lui, l’enseignante aurait trébuché dans l’obscurité alors qu’elle tentait de prendre la fuite.
Une version qui n’a toutefois pas été confirmée par le conducteur du véhicule. Appelé à témoigner, ce dernier a indiqué n’avoir vu aucun coup être porté à la jeune femme au moment des faits.
La victime change de version à la barreLe procès a connu un rebondissement lorsque Hurlaine Cheryle Zong Edzang a finalement adopté la version défendue par son compagnon. La plaignante a confirmé avoir été blessée à la suite d’une chute et a annoncé le retrait de sa plainte, sans se constituer partie civile.
Une décision qui n’a pas mis fin aux poursuites. Le procureur de la République, Raphaël Mangouka, s’est notamment appuyé sur les éléments recueillis lors de l’enquête préliminaire. Selon le Ministère public, celle-ci avait établi que la victime aurait été sortie de force du véhicule avant d’être traînée sur la voie publique.
Pour le Parquet, ces éléments justifient la poursuite de la procédure malgré le retrait de la plainte. Le procureur a ainsi requis une peine d’un an d’emprisonnement, dont six mois ferme, ainsi qu’une amende de 200 000 francs CFA à titre de dommages et intérêts.
La défense demande la relaxe
De son côté, la défense a contesté la solidité du dossier. Me Mba Ondo, avocat du prévenu, a estimé que les accusations portées contre son client ne reposaient pas sur des éléments matériels suffisamment probants. L’avocat a donc plaidé la non-culpabilité de Luc-Constant Megne et sollicité sa relaxe pure et simple.Le tribunal correctionnel d’Oyem a mis l’affaire en délibéré. La décision est attendue le jeudi 10 septembre 2026.



