Épaves sur l’Ogooué : les propriétaires sommés d’agir sous dix jours

L’administration maritime hausse le ton face aux navires abandonnés qui encombrent l’Ogooué. Dans le Moyen-Ogooué, les propriétaires d’une drague suceuse et d’un remorqueur laissés à l’abandon sur le fleuve disposent désormais de dix jours pour procéder à leur enlèvement. Passé ce délai, l’État prévient qu’il pourrait prendre lui-même les mesures nécessaires.
La Direction provinciale des Affaires maritimes et fluviales du Moyen-Ogooué a récemment adressé une mise en demeure aux propriétaires de deux embarcations considérées comme des épaves. La décision vise principalement à sécuriser la navigation sur l’Ogooué et à réduire les risques environnementaux liés à la présence prolongée de ces bâtiments. Dans un communiqué relayé par l’Agence gabonaise de presse (AGP), la Direction provinciale, placée sous l’autorité du commandant Valérie Gnomba, demande aux propriétaires concernés de retirer leurs navires dans un délai de dix jours.
Deux épaves dans le viseur des autorités
Les bâtiments concernés sont clairement identifiés par l’administration. Il s’agit d’une drague suceuse, immobilisée dans le secteur du quartier Saint-François, et d’un remorqueur, abandonné à proximité du débarcadère d’Isaac.
Selon la Direction provinciale, ces deux navires occupent de manière irrégulière le « Domaine public maritime et fluvial ». Leur état actuel constitue également un risque pour les usagers du fleuve et pour l’environnement. L’administration rappelle que ces bâtiments abandonnés représentent notamment « des obstacles à la navigation et des menaces pour l’environnement ».
Une situation jugée d’autant plus préoccupante que l’Ogooué constitue un axe important pour les déplacements des populations riveraines, mais également pour les activités de pêche.
Une opération engagée depuis 2019
La démarche des autorités ne serait pas nouvelle. Elle s’inscrit dans un processus d’assainissement engagé depuis 2019 et repose sur plusieurs textes encadrant la gestion et l’enlèvement des épaves. La Direction provinciale cite notamment la Convention de Nairobi de 2007 sur l’enlèvement des épaves, le Règlement n°08 UDEAC-088-CM-23 du 22 juillet 2012 portant Code de la marine marchande, notamment son article 282, ainsi que la loi n°10/63, en particulier son article 37.
Ces différents textes fournissent à l’administration le cadre juridique nécessaire pour intervenir lorsqu’un navire abandonné constitue un obstacle à la navigation ou une menace pour le domaine public et l’environnement.
L’État prêt à prendre le relais
Le délai accordé aux propriétaires est désormais fixé à dix jours. S’ils ne prennent aucune disposition au terme de cette période, l’administration maritime indique qu’elle pourrait intervenir directement. « Au-delà du délai requis, l’Administration maritime se réserve le droit d’agir en prenant les mesures nécessaires à l’enlèvement des navires susmentionnés, considérés comme épaves », prévient le communiqué.
Derrière cette mise en demeure, l’objectif affiché est triple : sécuriser la navigation sur l’Ogooué, libérer le domaine public maritime et fluvial et prévenir d’éventuelles conséquences environnementales. Pour les propriétaires concernés, le compte à rebours est donc lancé. Faute d’intervention de leur part, l’État pourrait prendre en charge l’opération d’enlèvement de ces deux épaves qui encombrent depuis plusieurs années le fleuve Ogooué.



