Politique

Code de la nationalité : Bilie-By-Nze lance une offensive frontale

Le nouveau Code de la nationalité gabonaise ne laisse pas indifférent. Et lorsqu’il est commenté par Alain-Claude Bilie-By-Nze, le débat prend immédiatement une autre dimension. Dans une tribune publiée le 29 mars 2026, l’ancien chef du gouvernement s’en prend avec virulence à ce texte adopté par ordonnance fin février, qu’il accuse de remettre en cause les fondements mêmes de la cohésion nationale.

Dès les premières lignes, le ton est sans équivoque. L’opposant ne se livre pas à une critique technique ou mesurée : il dénonce un texte qu’il juge dangereux dans son esprit comme dans ses implications. Selon lui, cette réforme dépasse le cadre juridique pour s’inscrire dans une logique politique assumée, visant à redéfinir les contours de l’appartenance nationale. Il y voit une tentative de transformation de la nationalité en outil de tri et d’exclusion, au détriment du principe d’égalité entre citoyens.

Au cœur de sa charge : la notion d’« ascendance autochtone », introduite dans le nouveau dispositif. Pour Bilie-By-Nze, ce concept, mal défini, ouvre la porte à des interprétations arbitraires et potentiellement discriminatoires. Il interroge la pertinence de critères fondés sur l’origine ou l’histoire des populations, dans un pays dont les frontières et les identités se sont construites au fil de trajectoires complexes. Derrière cette notion, il redoute l’émergence d’une citoyenneté à plusieurs vitesses, où certains Gabonais pourraient être amenés à justifier leur légitimité.

L’ancien Premier ministre convoque également la mémoire institutionnelle pour appuyer son argumentaire. Il rappelle que les précédents textes encadrant la nationalité s’inscrivaient dans une continuité historique, héritée des premières heures de l’indépendance et progressivement adaptée. À ses yeux, la nouvelle ordonnance rompt avec cet héritage et marque une inflexion préoccupante dans la manière de penser la Nation.

Sur le terrain politique, la critique se fait plus directe. Sans citer explicitement le chef de l’État, Bilie-By-Nze met en garde contre toute tentative de redéfinition unilatérale de l’identité nationale par le pouvoir en place. Il insiste sur une distinction essentielle : celle entre l’exercice du pouvoir et la représentation de la Nation, qu’il considère comme supérieure aux logiques de régime et aux circonstances politiques.

En filigrane, c’est la question du vivre-ensemble qui est posée. L’opposant alerte sur les risques d’une fracture sociale et identitaire, dans un contexte déjà marqué par des tensions politiques. Il appelle à une mobilisation citoyenne pour faire obstacle à ce qu’il perçoit comme une dérive, estimant que la nationalité ne peut être instrumentalisée sans mettre en péril l’unité du pays.

Cette prise de position, particulièrement incisive, devrait alimenter le débat public dans les prochains jours. Reste à savoir si le gouvernement apportera des clarifications ou choisira d’ignorer une critique qui, par sa radicalité, pose désormais la question du consensus autour de cette réforme.

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