Gabon : Bilie-By-Nze interpelle le pouvoir sur l’amnistie, la gouvernance et la nationalité

En conférence de presse le 1er avril 2026 à Libreville, l’ancien Premier ministre et président d’Ensemble pour le Gabon (EPG), Alain-Claude Bilie-By-Nze, a livré une charge argumentée contre plusieurs orientations actuelles de l’action publique. Entouré de responsables de formations politiques alliées, il a inscrit son intervention dans une logique de vigilance démocratique, appelant à la transparence et à la responsabilité.
Structurant son propos autour de quatre dossiers majeurs l’amnistie liée aux événements d’août 2023, les marchés publics, la question de l’île Mbanié et le Code de la nationalité, il a voulu poser, selon ses termes, « les bases d’une opposition claire et assumée », tout en invitant les citoyens à ne pas céder à la peur.
Sur la loi d’amnistie, l’ancien chef du gouvernement a exigé la publication de la liste complète des bénéficiaires. Pour lui, l’absence de clarté nourrit le soupçon d’un traitement sélectif. Il estime que la transparence est indispensable pour éviter toute perception d’« amnistie à géométrie variable » et permettre à l’opinion de savoir précisément qui est concerné, civils comme militaires.
Abordant la question des marchés publics, il a dénoncé le recours massif aux procédures de gré à gré, qu’il associe à des risques accrus d’opacité et de favoritisme. Rappelant les engagements des autorités en matière de bonne gouvernance, il a plaidé pour une publication détaillée des contrats attribués, incluant l’identité des entreprises, de leurs actionnaires et des bénéficiaires finaux. Selon lui, une telle démarche est essentielle pour restaurer la confiance et garantir la traçabilité des dépenses publiques.
Sur le dossier sensible de l’île Mbanié, Alain-Claude Bilie-By-Nze a regretté le manque de communication officielle après la désignation d’un envoyé spécial chargé de suivre ce contentieux. Insistant sur l’importance stratégique et symbolique de ce territoire, il a appelé le gouvernement à clarifier sa position, notamment sur la gestion de la souveraineté nationale et les implications des décisions internationales. Il met en garde contre toute négociation conduite sans information du public.
Le point le plus critique de son intervention a concerné le nouveau Code de la nationalité. L’ancien Premier ministre en conteste à la fois la méthode d’adoption et le contenu. Il déplore un texte introduit sans débat approfondi et estime qu’il remet en cause l’égalité entre citoyens en créant, selon lui, des distinctions problématiques entre Gabonais. Il s’inquiète en particulier des dispositions permettant le retrait de la nationalité, qu’il considère comme potentiellement attentatoires aux libertés individuelles et à la pluralité d’opinion.
Au terme de son propos, Alain-Claude Bilie-By-Nze a appelé à une révision du texte dans un cadre inclusif et consensuel. Plus largement, il a défendu une vision du Gabon fondée sur l’unité nationale, l’égalité civique et le respect des principes démocratiques, estimant que ces fondements ne sauraient être fragilisés par des décisions prises sans concertation. À travers cette sortie médiatique, l’opposant cherche ainsi à repositionner le débat public autour des enjeux de transparence, de souveraineté et de droits citoyens, dans un contexte politique encore marqué par les recompositions de l’après-2023.



