Economie

Gabon : la Centrale d’Achat officiellement lancée pour encadrer les prix et lutter contre la vie chère

Le gouvernement gabonais a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie de régulation des prix. Le 10 avril 2026, le Vice-Président du Gouvernement, Herman Immongault, a procédé au lancement officiel des activités de la Centrale d’Achat du Gabon (CEAG), un dispositif présenté comme structurant dans la lutte contre la vie chère.

Accompagné du ministre de l’Économie et des Finances chargé de cette question, Thierry Minko, le Vice-Président a visité les installations techniques de cette structure appelée à jouer un rôle central dans le suivi des prix sur le marché national. L’ambition affichée : passer d’un contrôle ponctuel à un mécanisme permanent de régulation.

Un outil pour agir sur toute la chaîne des prix

Portée au plus haut sommet de l’État, la CEAG s’inscrit dans la volonté des autorités de mieux maîtriser les mécanismes de formation des prix. Contrairement aux approches classiques limitées aux inspections sur le terrain, cette nouvelle entité entend intervenir à chaque étape, de l’importation à la vente finale.

Le dispositif prévoit notamment un contrôle rigoureux des produits importés, tant sur leur qualité que sur leurs coûts d’acquisition. Une attention particulière sera accordée aux avantages fiscaux accordés aux opérateurs, afin de vérifier qu’ils bénéficient effectivement aux consommateurs. Le suivi des marchandises débutera ainsi dès leur entrée sur le territoire, au niveau des services douaniers, pour limiter les écarts entre les prix d’achat et ceux pratiqués en magasin.

Une régulation appuyée sur la participation citoyenne

Parmi les innovations majeures du dispositif figure l’introduction d’un mécanisme d’alerte ouvert au public. Les consommateurs pourront, via une plateforme numérique dédiée, consulter les prix de référence, signaler les anomalies observées et transmettre des preuves aux autorités compétentes.

Ce choix traduit une volonté d’impliquer directement les citoyens dans la régulation du marché, tout en renforçant la transparence des pratiques commerciales. Les autorités espèrent ainsi réduire les abus et contenir l’expansion du secteur informel.

Un modèle hybride entre État et secteur privé

Sur le plan institutionnel, la CEAG adopte la forme d’une société d’économie mixte. L’État y détient une participation minoritaire, aux côtés d’acteurs privés nationaux du secteur de la distribution. Ce modèle vise à conjuguer contrôle public et efficacité opérationnelle, tout en sécurisant l’approvisionnement du marché. Au-delà de la régulation des prix, la structure entend également soutenir la valorisation des produits locaux, dans une logique de souveraineté économique.

Reste désormais à mesurer l’efficacité réelle de ce nouvel outil sur le terrain. Car au-delà de son architecture et de ses ambitions, la CEAG sera attendue sur sa capacité à produire des effets concrets et durables sur le coût de la vie, un enjeu particulièrement sensible pour les ménages gabonais.

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