Différend frontalier : le Gabon précise que l’accord avec la Guinée équatoriale ne remet pas en cause la décision de la CIJ

Face aux nombreuses réactions suscitées par la signature d’un accord d’engagement conjoint avec la Guinée équatoriale, la Présidence de la République a tenu à clarifier la portée de ce document. Dans un communiqué publié le 29 juillet, elle affirme que cet accord ne modifie en rien l’arrêt rendu par la Cour internationale de Justice (CIJ) le 19 mai 2025, mais vise exclusivement à encadrer sa mise en œuvre.
Signé le 28 juillet 2026 à Addis-Abeba, en marge de la 49ᵉ session ordinaire du Conseil exécutif de l’Union africaine (UA), le document s’inscrit, selon les autorités gabonaises, dans le prolongement de la décision de la CIJ ayant tranché le différend frontalier entre le Gabon et la Guinée équatoriale.
Depuis son annonce, l’accord a suscité de nombreuses interrogations, notamment sur les réseaux sociaux, où certains internautes ont estimé qu’il traduirait une remise en cause du jugement de la Cour ou une renonciation du Gabon à une partie de sa souveraineté. Des interprétations que la Présidence juge erronées.
Dans son communiqué, l’exécutif précise que le texte signé ne constitue ni une nouvelle négociation territoriale ni une révision des conclusions de la CIJ. Il établit un cadre de coopération destiné à faciliter l’exécution de la décision judiciaire, en définissant les modalités techniques, administratives et opérationnelles de son application.
Cette phase de mise en œuvre sera conduite avec l’accompagnement de l’Union africaine, qui jouera un rôle de médiation et de facilitation entre les deux États. Un mécanisme conjoint sera mis en place afin d’assurer une exécution coordonnée de l’arrêt, dans le respect des engagements internationaux des deux pays.
Pour les autorités gabonaises, cette démarche s’inscrit dans le principe du règlement pacifique des différends, consacré par le droit international. Elle traduit également la volonté de préserver un climat de dialogue avec la Guinée équatoriale tout en appliquant une décision devenue définitive.
La Présidence souligne par ailleurs que l’accord « ne constitue ni une nouvelle négociation sur la souveraineté, ni un abandon des intérêts de la Nation ». Selon elle, il s’agit uniquement d’un instrument destiné à organiser la mise en œuvre de l’arrêt de la Cour internationale de Justice dans un cadre concerté.
Le communiqué met également en avant le rôle de l’Union africaine, présentée comme un partenaire chargé d’accompagner les deux États dans cette étape, afin de favoriser une application progressive de la décision tout en préservant la stabilité régionale et les relations de bon voisinage.
Enfin, les autorités invitent les citoyens à faire preuve de discernement face aux informations diffusées sur les réseaux sociaux et à se référer aux communications officielles pour suivre l’évolution de ce dossier. À travers cette mise au point, l’exécutif entend dissiper les ambiguïtés entourant l’accord signé à Addis-Abeba et réaffirme sa volonté d’appliquer l’arrêt de la Cour internationale de Justice dans le respect du droit international, tout en maintenant un dialogue constructif avec la Guinée équatoriale.



