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Île Mbanié attribuée à la Guinée équatoriale : ce qu’il faut retenir de l’accord signé entre Libreville et Malabo à l’UA

Le Gabon et la Guinée équatoriale ont franchi une étape importante dans le règlement de leur différend frontalier. Le 27 juillet 2026, en marge de la 49ᵉ session ordinaire du Conseil exécutif de l’Union africaine (UA) à Addis-Abeba, les deux pays ont signé un accord d’engagement conjoint destiné à encadrer la mise en œuvre de l’arrêt rendu le 19 mai 2025 par la Cour internationale de Justice (CIJ).

D’après un communiqué de l’Union africaine publié le 28 juillet 2026, le document a été paraphé par le ministre équato-guinéen des Affaires étrangères, Simeón Oyono Esono Angüe, et le président de la Cour constitutionnelle du Gabon, Dieudonné Aba’a Owono. La cérémonie s’est tenue en présence du président du Conseil exécutif de l’UA, Édouard Bizimana, ainsi que du président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf.

Contrairement à certaines interprétations, cet accord ne marque ni l’application immédiate de la décision de la CIJ, ni un abandon des droits de l’une ou l’autre des parties. Il s’agit plutôt d’un cadre de coopération qui fixe les modalités d’un dialogue permanent et d’un accompagnement par l’Union africaine afin de faciliter l’exécution progressive de l’arrêt.

Ce que la Cour internationale de Justice a décidé

Pour mesurer la portée de cet accord, il est nécessaire de revenir sur les principales conclusions de la CIJ dans son arrêt du 19 mai 2025. La Cour a d’abord estimé que la Convention de Bata de 1974 ne pouvait être considérée comme un traité produisant des effets juridiques entre les deux États. Elle a donc rejeté l’argument du Gabon selon lequel ce texte constituait une base légale pour la délimitation des frontières.

Concernant la frontière terrestre, les juges ont confirmé à l’unanimité que celle-ci demeure régie par la Convention de Paris du 27 juin 1900. Selon la Cour, les titres issus de cette convention ont été transmis respectivement au Gabon lors de son indépendance en 1960 et à la Guinée équatoriale en 1968, sans qu’aucune modification juridiquement valable n’ait été démontrée depuis.

S’agissant des îles Mbanié, Cocotiers et Conga, la CIJ a reconnu la souveraineté de la Guinée équatoriale. Elle a considéré que ces territoires relevaient de la souveraineté espagnole, en tant que dépendances de l’île de Corisco, au moment où la Guinée équatoriale est devenue indépendante.

Enfin, la juridiction internationale a précisé que le point terminal de la frontière terrestre défini par la Convention de 1900 devra servir de point de départ à la future délimitation maritime. Cette dernière devra être réalisée conformément aux dispositions de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM) de 1982.

Une mise en œuvre progressive de la décision

L’intitulé même de l’affaire portée devant la CIJ, « Délimitation terrestre, maritime et souveraineté sur les îles Mbanié, Conga et Cocotiers », montre que ces différentes questions sont étroitement liées. Pour plusieurs spécialistes, il serait donc inadapté de limiter l’application de l’arrêt à la seule question des îles, sans traiter les autres volets de la décision.

La logique retenue consiste d’abord à fixer définitivement la frontière terrestre sur la base de la Convention de 1900, puis à déterminer le point de départ de la frontière maritime avant de procéder à la délimitation des espaces maritimes, conformément au droit international, tout en intégrant le statut des îles. C’est précisément cette approche graduelle que prévoit l’accord-cadre signé à Addis-Abeba, en privilégiant la concertation, le travail technique et l’accompagnement institutionnel de l’Union africaine.

Le choix de la concertation

À travers cette initiative, Libreville et Malabo affichent leur volonté de privilégier le dialogue dans l’exécution d’une décision judiciaire particulièrement sensible. Cité dans le communiqué de l’Union africaine du 28 juillet 2026, le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, a salué un engagement commun en faveur « du dialogue, de la coopération, du bon voisinage et du règlement pacifique des différends dans un esprit d’unité africaine ».

En plaçant l’Union africaine au cœur du processus, les deux États misent sur une mise en œuvre concertée de la décision de la CIJ. Au-delà du seul différend entre Libreville et Malabo, cette démarche est perçue comme un signal positif pour l’Afrique centrale, où le règlement pacifique des contentieux frontaliers demeure un enjeu majeur pour la stabilité et la coopération régionales.

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