Gabon : 20 milliards de FCFA pour apurer les créances de TVA de la filière Forêt-Bois

Le secteur Forêt-Bois pourrait bénéficier d’un nouveau souffle financier. Réuni lundi 10 août au Palais de la Rénovation avec les principaux acteurs de la filière, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a ordonné le règlement de 20 milliards de francs CFA de créances de TVA dues aux entreprises forestières. Une mesure destinée à soutenir leur trésorerie et à favoriser la reprise de leurs activités.
La filière Forêt-Bois obtient une première réponse aux difficultés financières qui pèsent sur ses opérateurs. Au terme d’une rencontre avec le ministre des Eaux et Forêts, Maurice Ntossui Allogho, et plusieurs représentants du secteur, le chef de l’État a instruit les administrations compétentes d’accélérer l’apurement de 20 milliards de francs CFA correspondant à des crédits de TVA dus aux entreprises forestières.
Cette enveloppe s’inscrit dans le cadre du règlement d’une partie de la dette intérieure de l’État. Pour les opérateurs concernés, le paiement de ces créances doit permettre de restaurer des marges de trésorerie et, par conséquent, de maintenir ou relancer certaines activités affectées par une conjoncture internationale moins favorable.
« Qui paie ses dettes s’enrichit », a notamment déclaré Brice Clotaire Oligui Nguema, résumant ainsi la logique de cette opération : redonner aux entreprises les moyens financiers nécessaires pour poursuivre leurs investissements, préserver leurs activités et contribuer davantage à l’économie nationale.
Des marchés à diversifier
Au-delà de l’apurement des créances fiscales, la rencontre a permis d’aborder les difficultés structurelles auxquelles fait face la filière. Le ralentissement de la demande sur certains marchés internationaux, notamment en Asie, continue de peser sur les perspectives des opérateurs.
Dans ce contexte, le président de la République a appelé à rechercher de nouveaux débouchés commerciaux, en particulier dans l’espace sous-régional et sur le continent africain. Une orientation qui vise à réduire la dépendance du secteur à quelques marchés extérieurs et à renforcer la commercialisation du bois gabonais.
Les discussions ont également porté sur l’amélioration du climat des affaires, la sauvegarde des emplois, la poursuite de la transformation locale du bois ainsi que le développement de la consommation nationale.Une filière stratégique pour l’emploiAvec plus de 15 000 emplois directs et indirects, la filière Forêt-Bois constitue, selon la Présidence de la République, le premier pourvoyeur privé d’emplois au Gabon. Son redressement représente donc un enjeu à la fois économique et social.
Pour les autorités, le soutien au secteur doit ainsi s’inscrire dans une stratégie plus large de diversification de l’économie et de développement de chaînes de valeur locales autour de la ressource forestière. À l’issue de l’audience, le délégué général de l’Union des forestiers et industriels du Gabon (UFIGA), Jean-Marie Ntoutoume, s’est félicité des orientations annoncées, notamment de la décision relative au règlement des créances de TVA.
La prochaine étape consistera désormais à traduire ces orientations en actes. Les opérateurs devront travailler avec les services du ministère de l’Économie, du ministère des Eaux et Forêts ainsi qu’avec la direction générale de la Société nationale des bois du Gabon (SNBG), afin de mettre en œuvre les mesures annoncées et de poursuivre l’identification de nouveaux marchés.
Avec ces 20 milliards de francs CFA, l’État entend donc apporter une réponse immédiate aux tensions de trésorerie des entreprises forestières, tout en ouvrant un chantier plus vaste autour de la compétitivité, de la transformation locale et de la diversification des débouchés de la filière Forêt-Bois.



