Libreville : le maire Pierre Mathieu Obame Etoughe défend la taille de son cabinet et revendique une réforme de l’administration municipale

Le maire de Libreville, Pierre Mathieu Obame Etoughe, est sorti de son silence pour répondre aux critiques portant sur la composition de son cabinet. Dans un entretien accordé au quotidien L’Union, l’édile a rejeté les accusations évoquant un cabinet jugé « pléthorique », affirmant que celui-ci compte 36 conseillers et non les 186 personnes évoquées dans certaines rumeurs circulant dans l’opinion.
Ces dernières semaines, la question de l’effectif du cabinet municipal a alimenté de nombreuses critiques, certains observateurs dénonçant une inflation des nominations au sein de l’hôtel de ville. Face à ces accusations, le maire central a tenu à apporter un démenti formel.
« Aujourd’hui, j’ai un cabinet de trente-six conseillers. Ce chiffre est vérifiable. Nous sommes donc très loin des 186 personnes que certains prétendent que j’aurais nommées », a-t-il déclaré, estimant que ces affirmations relèvent davantage de « la mauvaise foi » que d’une analyse fondée sur des données vérifiables.
Une réorganisation présentée comme une réforme structurelle
Au-delà de la polémique sur les chiffres, Pierre Mathieu Obame Etoughe met en avant une réorganisation interne du cabinet municipal engagée depuis son arrivée à la tête de la capitale. Selon lui, cette restructuration vise à améliorer le fonctionnement administratif et à instaurer davantage de discipline dans la gestion du personnel.
Le maire explique notamment que la nouvelle organisation repose sur la création de départements structurés au sein du cabinet, afin de clarifier les responsabilités et renforcer le suivi des missions confiées aux conseillers.
Cette réorganisation serait également une réponse à certaines pratiques jugées problématiques dans le passé, notamment l’absentéisme prolongé de certains collaborateurs. L’édile affirme vouloir rompre avec ces dysfonctionnements en instaurant un cadre de travail plus rigoureux.
Dans cette logique de rationalisation budgétaire, il indique également avoir procédé à une réduction des émoluments versés aux chargés d’études et de mission. L’ensemble de ces mesures devrait être officiellement présenté lors du prochain Conseil municipal de Libreville, attendu dans les prochaines semaines.
Les mairies d’arrondissement au cœur des débats
L’entretien a également permis au maire de revenir sur les critiques liées à l’allocation de 70 millions de francs CFA aux six mairies d’arrondissement de la capitale. Certains responsables locaux avaient estimé que ces montants restaient insuffisants pour assurer le fonctionnement de leurs administrations.
Pierre Mathieu Obame Etoughe rappelle toutefois que le rôle des maires d’arrondissement s’inscrit dans un cadre juridique précis. Selon lui, ces responsables locaux agissent avant tout comme des délégués du maire central, leurs compétences étant principalement limitées à la gestion de l’état civil, sauf délégation particulière.
Il souligne par ailleurs que les fonds alloués correspondent aux « états spéciaux », un mécanisme destiné à couvrir les dépenses de fonctionnement des mairies d’arrondissement. Le maire central précise que ces dotations étaient auparavant plafonnées à 60 millions de francs CFA, estimant que leur relèvement à 70 millions traduit plutôt une volonté d’accompagnement que de restriction.
Une modernisation administrative revendiquée
Dans un contexte plus large de réforme de la gouvernance municipale, Pierre Mathieu Obame Etoughe affirme engager la mairie de Libreville dans un processus de modernisation administrative. Cette stratégie repose notamment sur la digitalisation des procédures, la maîtrise de la masse salariale et l’amélioration des recettes municipales.
Pour mener à bien cette transformation, la municipalité travaille en partenariat avec l’Agence Nationale des Infrastructures Numériques et des Fréquences (ANINF). Selon le maire, ce processus de digitalisation serait déjà réalisé à près de 70 %.
Il affirme que cette opération a permis d’assainir les effectifs municipaux, avec l’identification et la radiation d’environ 300 agents fictifs figurant dans les fichiers administratifs. Une mesure qui, selon lui, participe à la lutte contre les irrégularités et à la rationalisation des dépenses publiques.
Entre clarification politique et enjeux de gouvernance
Les déclarations du maire de Libreville interviennent dans un contexte où la gestion de la capitale fait l’objet d’une attention particulière de l’opinion publique. Les débats sur la taille du cabinet, la répartition des ressources entre les différents niveaux de l’administration municipale et la gestion des effectifs traduisent des attentes croissantes en matière de transparence et d’efficacité dans la gouvernance locale.
Si les explications fournies par l’édile visent à dissiper les soupçons d’un cabinet surdimensionné, la publication prochaine des mesures annoncées lors du Conseil municipal pourrait constituer un moment clé pour apprécier la portée réelle des réformes engagées au sein de l’administration de la capitale.



