Gabon : Iboga, rail et identité culturelle au cœur d’un Conseil des ministres sous pression de résultats

Réuni le jeudi 30 avril 2026 sous l’autorité du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, le Conseil des ministres a marqué un tournant dans l’action gouvernementale. Au-delà de l’adoption de plusieurs textes structurants, le chef de l’État a fixé un cap clair : celui de l’efficacité et de l’impact concret sur le quotidien des Gabonais.
À quelques jours du premier anniversaire de son investiture, le président a dressé un état des lieux sans détour. S’il a salué des avancées notables, notamment la réorganisation des institutions et le retour progressif de la crédibilité du pays sur la scène internationale, il a insisté sur l’écart persistant entre ces progrès et les attentes sociales. Emploi, pouvoir d’achat et conditions de vie restent, selon lui, les véritables baromètres de l’action publique.
Dans ce contexte, le ton s’est durci à l’égard de l’exécutif. Le président a appelé à une mobilisation totale contre les lenteurs administratives, les pratiques corruptives et les dérives éthiques. Il a averti que toute défaillance, qu’elle soit liée à l’inefficacité ou à la complaisance, pourrait entraîner des sanctions immédiates, y compris des changements au sein du Gouvernement. Il a également ordonné la fin sans délai du cumul entre fonctions ministérielles et responsabilités à la tête de conseils d’administration d’entités publiques ou parapubliques.
Sur le plan des décisions concrètes, trois mesures majeures se dégagent. La première concerne l’Iboga, désormais érigé en ressource stratégique nationale. Cette plante emblématique du Gabon fait l’objet d’un encadrement renforcé, tant pour sa valorisation économique que pour la protection des savoirs traditionnels qui lui sont associés. La création d’un Fonds souverain dédié vise à structurer la filière et à soutenir la recherche scientifique locale.
Autre chantier prioritaire : la modernisation du Transgabonais. Le réseau ferroviaire bénéficiera d’un financement global de plus de 200 millions d’euros, combinant un prêt de l’Agence française de développement et une subvention de l’Union européenne. Cette enveloppe doit permettre d’améliorer les infrastructures et de renforcer le rôle stratégique du rail dans le développement économique du pays.
Enfin, dans une démarche à la fois symbolique et identitaire, le Conseil des ministres a acté l’instauration du port obligatoire de la tenue africaine chaque vendredi pour les agents de l’administration publique.
Par ailleurs, plusieurs nominations diplomatiques ont été entérinées, dont celle d’Alia Maeva Bongo Ondimba épouse Biendi Maganga Moussavou au poste de Consul général du Gabon au Tchad. À travers ces décisions et ce discours de fermeté, l’exécutif gabonais semble vouloir entrer dans une nouvelle phase : celle où les annonces doivent désormais se traduire en résultats mesurables.



