État d’urgence hydrique : la reprise des livraisons privées désormais conditionnée au respect des tarifs fixés par l’État

Le gouvernement gabonais fait évoluer sa réponse à la crise de l’eau. Dans un communiqué publié le 2 juillet, le ministère de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie annonce la reprise des activités des livreurs privés, désormais autorisés à participer à l’approvisionnement des populations sous réserve du strict respect de la nouvelle grille tarifaire arrêtée par les autorités.
Cette décision intervient moins de vingt-quatre heures après les mesures conservatoires prises dans le cadre de l’état d’urgence hydrique. Le 1er juillet, les autorités avaient ordonné l’immobilisation de 55 véhicules de livraison d’eau et suspendu provisoirement la commercialisation de cette ressource afin de lutter contre les pratiques spéculatives constatées sur le terrain.
Mais la mise en œuvre de ces mesures a rapidement révélé plusieurs difficultés. Les remontées des populations, des parlementaires, des opérateurs économiques et de la société civile ont fait état de difficultés d’approvisionnement, tandis que le numéro vert 18, mis en place pour coordonner les livraisons, s’est retrouvé fortement sollicité.
Face à cette situation, le ministre de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie, Philippe Tonangoye, a engagé, sous les instructions du président de la République, une série de consultations avec les propriétaires des véhicules immobilisés. Réunis au Palais des Sports, les différents acteurs ont échangé sur les contraintes liées à l’activité de livraison d’eau, conduisant à un réajustement du dispositif gouvernemental.
À l’issue de ces discussions, les opérateurs privés sont autorisés à reprendre leurs activités aux côtés des Forces de défense et de sécurité. Cette reprise est toutefois encadrée par une nouvelle mercuriale obligatoire fixant les prix de vente à 4 000 FCFA le mètre cube, 2 000 FCFA pour 500 litres, 800 FCFA pour 200 litres et 400 FCFA pour 100 litres. En contrepartie, les transporteurs bénéficieront d’une exonération des taxes habituellement prélevées par les mairies ainsi que par les administrations en charge des transports et du commerce.
Le gouvernement précise également que les opérateurs devront se rapprocher de la Direction générale de l’Eau afin de régulariser leur situation à travers la procédure d’homologation prévue par les textes.Avec ce réajustement, les autorités cherchent à concilier deux objectifs : maintenir un contrôle strict des prix afin de protéger les consommateurs contre les abus et mobiliser davantage d’acteurs pour améliorer l’approvisionnement en eau potable durant cette période d’urgence.
Cette nouvelle orientation marque une adaptation du dispositif initial aux réalités observées sur le terrain. Reste désormais à savoir si cette collaboration entre les services de l’État et les transporteurs privés permettra de répondre efficacement à une demande en eau qui demeure particulièrement forte dans le Grand Libreville.



