
Un an après l’annonce en grande pompe de la réservation de sept petits métiers aux seuls nationaux, le constat est sans appel. Sur le terrain, rien n’a changé. En août 2025, le gouvernement promettait une petite révolution. Commerce de proximité, réparation de téléphones, coiffure de rue, orpaillage artisanal… Sept activités du secteur informel devaient désormais être réservées aux Gabonais, au nom de la « souveraineté économique » et de l’emploi des jeunes.

Douze mois plus tard, il suffit de traverser les marchés de la capitale pour mesurer le fossé entre l’annonce et la réalité.
Dans les allées de Mont-Bouët, comme dans les quartiers d’Akébé et d’Okala, les étals tenus par des commerçants étrangers n’ont pas bougé.
Les échoppes de réparation de téléphones affichent les mêmes visages.
Le décret d’application censé traduire l’annonce en règles concrètes n’a jamais vu le jour.

Ni contrôle, ni relève
Deux raisons expliquent cet immobilisme. D’abord, l’absence de mécanisme de suivi.
Les « rapports réguliers » promis par le gouvernement pour garantir l’application effective de la mesure sont restés à l’état de promesse.
Ensuite, la relève n’a pas suivi. Peu de jeunes Gabonais se sont effectivement installés dans ces secteurs, faute de capital de départ, de formation technique ou, tout simplement, d’intérêt pour des métiers longtemps jugés dévalorisants.

Le poids de la crise diplomatique
Le contexte n’a rien arrangé. L’annonce avait exacerbé une vive crise avec le Bénin, dont plusieurs ressortissants s’étaient sentis menacés, poussant Cotonou à organiser des retours volontaires.
Accusé de xénophobie sur les réseaux sociaux comme sur la scène régionale, le Gabon a semblé préférer laisser la mesure s’endormir plutôt que de l’appliquer avec fermeté.
Un an après, la mesure ressemble davantage à un geste politique destiné à apaiser la colère populaire qu’à une réforme structurelle.



