
Dans le dernier classement mondial de performance portuaire (CPPI), le port d’Owendo s’effondre à une modeste 300e place . Un signal d’alarme qui révèle les failles logistiques d’un pays en quête de compétitivité.

Publié ce 10 juin dernier, l’Indice de performance des ports à conteneurs (CPPI), fruit du travail de la Banque mondiale et de S&P Global Market Intelligence, vient de doucher les ambitions gabonaises.
Avec une 24e place sur le continent et un 300e rang mondial, Owendo est loin de jouer dans lacour des grands.
La réalité du chronomètre

Loin des déclarations d’intention, cet indice est impitoyable et ne mesure que la performance brute.
Le temps écoulé entre l’arrivée d’un navire en rade et son départ du quai est le seul juge.
À ce petit jeu, Owendo piétine. Si le port gabonais parvient encore à distancer ses voisins de Douala (Cameroun) ou Pointe-Noire (Congo), il subit la loi des hubs africains modernes comme TangerMed, ou même de plateformes plus agiles comme Malabo et San Pedro.
Un modèle à bout de souffle

Pour expliquer ce décrochage, les experts pointent la dépendance excessive aux importations.
Dans un port conçu comme une porte d’entrée quasi unique, les flux irréguliers créent une congestion chronique. Les zones de stockage saturent, les délais s’allongent, et la productivité chute.
Leport est victime de son propre rôle dans une économie gabonaise qui peine à diversifier ses flux.
L’urgence de Kobe-Kobe

Alors que la performance portuaire mondiale a marqué le pas en 2025, le Gabon nepeut plus se permettre l’immobilisme.
Le classement actuel agit comme un électrochoc. Pour les autorités, la réponse est désormais identifiée avec le futur port en eaux profondes de Kobo-Kobo.
Présenté comme le « sauveur » logistique, ce projet est devenu une nécessité absolue pour désengorger Owendo et espérer, à terme, raccrocher le wagon des grandes routes maritimes internationales.


