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Exploration pétrolière : Shell officialise son retour exploratoire au Gabon

La major britannique Shell effectue un retour remarqué au Gabon, près d’une décennie après s’être progressivement retirée du pays. Le 22 juin, la compagnie a signé avec les autorités gabonaises un protocole d’accord portant sur l’évaluation du potentiel pétrolier de plusieurs blocs situés en offshore profond et très profond. Une étape encore préliminaire, qui relève davantage de l’exploration technique que d’un engagement de production.

L’accord a été conclu entre le ministre du Pétrole et du Gaz, Clotaire Kondja, et Thomas Praeger. Il confie à Shell la mission d’analyser les perspectives géologiques de plusieurs zones maritimes encore peu explorées du bassin sédimentaire gabonais, notamment en eaux profondes.

Ce rapprochement marque un tournant symbolique, puisque Shell avait quitté progressivement ses positions au Gabon, jusqu’à céder ses derniers actifs offshore en 2024 à CNOOC International. Son retour, même sous forme d’études, rouvre donc un chapitre que Libreville cherchait à relancer depuis plusieurs années.

Une dynamique renforcée autour des grands groupes pétroliers

L’arrivée de Shell s’inscrit dans une séquence plus large de réengagement des majors au large du Gabon. Dès octobre 2025, ExxonMobil et BP avaient également signé des protocoles similaires pour explorer les zones offshore profondes et ultra-profondes du pays.

Lors du forum « Invest in African Energy » tenu à Paris, le ministre Clotaire Kondja avait indiqué que ces accords exploratoires pourraient être transformés en contrats fermes, dans un délai estimé de quatre à six mois, si les conditions techniques et économiques s’avéraient favorables.

Cette stratégie reflète une orientation claire des autorités : privilégier des discussions ciblées avec des opérateurs capables de supporter les coûts élevés et les défis technologiques liés à l’exploitation en grande profondeur, plutôt que de lancer des appels d’offres massifs. Le pays a également ajusté son cadre légal, notamment via la révision de son code pétrolier, afin d’améliorer l’attractivité du secteur.

Un signal positif, mais encore incertain

Sur le plan politique et diplomatique, le retour de Shell est perçu comme un indicateur de confiance envers la destination Gabon, dans un contexte où le pays cherche à attirer davantage d’investissements étrangers, tout en renforçant la valorisation de ses ressources naturelles.

Cependant, ce protocole d’accord ne constitue pas un engagement de production. Il s’agit d’une phase d’étude sans garantie d’investissements immédiats. L’histoire récente rappelle d’ailleurs que Shell avait déjà quitté le pays après avoir cédé ses actifs, illustrant la volatilité des stratégies des grandes compagnies pétrolières, guidées avant tout par les équilibres de rentabilité et de risque.

Si ces travaux exploratoires débouchaient sur des découvertes significatives, ils pourraient ouvrir la voie à de nouvelles perspectives économiques pour le Gabon, tant en matière de production que de recettes et de connaissance du sous-sol. Dans le cas contraire, cette étape resterait avant tout un test de la capacité du pays à attirer durablement les grands acteurs du secteur pétrolier.

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