FIFA – FEGAFOOT : Le football amateur gabonais a-t-il encore besoin de discours ?

Du 24 au 26 mai 2026, Libreville accueille un atelier organisé conjointement par la FIFA et la FEGAFOOT autour de la relance du football amateur gabonais. Présentée comme une étape importante pour le développement du football local, cette rencontre réunit experts, dirigeants et acteurs du terrain autour de plusieurs thématiques liées à la formation, à l’inclusion et à la restructuration du football de base. Mais derrière les discours institutionnels et les échanges en salle, une question persiste : le football amateur gabonais a-t-il réellement besoin d’un nouvel atelier ou simplement d’actions concrètes ?
Un diagnostic connu depuis plusieurs années

Au cours de cette rencontre, plusieurs problèmes ont été évoqués : disparition progressive du football scolaire, manque de structuration du football amateur, faiblesse des compétitions locales, absence de suivi dans certaines provinces ou encore recul du futsal et du beach soccer. Pourtant, ces difficultés ne datent pas d’aujourd’hui.
Depuis des années, les acteurs du football gabonais alertent sur l’état préoccupant du football de base. Dans plusieurs quartiers et provinces, les jeunes évoluent encore sans infrastructures adaptées, sans équipements suffisants et parfois sans véritable championnat.
Le plus inquiétant reste que ces constats reviennent pratiquement à chaque rencontre organisée autour du football national.
Beaucoup de réflexions, peu de résultats visibles
La FIFA parle aujourd’hui de “leviers de modernisation”, la FEGAFOOT évoque une “relance durable”. Sur le papier, les intentions semblent positives. Tandis que sur le terrain, les résultats peinent toujours à suivre.
Le football gabonais semble enfermé dans une dynamique où les ateliers, séminaires et conférences se multiplient davantage que les réformes concrètes. Chaque année, les mêmes priorités reviennent :
• formation ;
• développement des jeunes ;
• inclusion ;
• retour du sport scolaire ;
• professionnalisation.
Pourtant, très peu de changements visibles apparaissent réellement dans le quotidien des clubs amateurs et des jeunes footballeurs.
Pendant ce temps, plusieurs pays africains avancent rapidement dans la structuration de leurs académies, de leurs compétitions jeunes et de leurs politiques sportives locales.
Le Gabon, lui, continue de fonctionner sans véritable stabilité dans son football de base.
Le vrai problème : l’absence de continuité
Le principal problème du football amateur gabonais n’est plus le manque d’idées. Les diagnostics existent déjà. Les experts aussi.
Le véritable problème semble être l’absence de continuité et de suivi après les grandes annonces.
Car relancer le football amateur ne consiste pas uniquement à organiser des panels ou produire des recommandations. Cela demande :
• des investissements durables ;
• un calendrier clair ;
• des compétitions régulières ;
• des infrastructures entretenues ;
• une présence réelle dans les provinces ;
• et surtout une volonté constante sur plusieurs années.
Sans cela, les ateliers risquent simplement de devenir des rendez-vous de communication institutionnelle sans impact profond sur le terrain.
Le football gabonais possède encore un immense potentiel humain. Les talents existent dans les quartiers, les écoles et les provinces.
Mais à force de multiplier les discours sans changements visibles, une inquiétude grandit : le football amateur gabonais est-il réellement en reconstruction ou continue-t-il simplement de tourner en rond sous un autre nom ?



